Années 70-80 : abstraction

Au début des années soixante-dix, alors qu’il peut désormais se consacrer pleinement à son art, Robert Bucaille trouve son propre langage graphique qui s’épanouit dans de grandes compositions aux sens graphiques et aux rythmes maîtrisés.

« Par dessus des fonds d’apparence nuageuse, il peint des réseaux de traits rectilignes parallèles à l’intérieur de chaque réseau, mais d’orientations différentes d’un réseau à l’autre, qui créent des plans spatiaux dispersés ou superposés. » (Bénézit, 2001)

Dans « Le Figaro », Jeanine Warnod invitent à regarder de près ces « petits bâtons comme ceux des enfants à l’école maternelle », puis à s’en écarter pour que « s’imposent un climat de sérénité, un long silence, une sensation d’infini. Quelques vagues de remous, des frisonnements colorés troublent à peine ces paysages évanescents » (30 octobre 1974)

Jean-Louis Pradel évoque quant-à lui dans la « Quinzaine littéraire » du début octobre 1974 « une peinture dont le secret et la tendresse tendent patiemment les pièges de la fascination. »

Alors qu’un ou des horizons semblent apparaître dans les oeuvres datées du début des années soixante-dix, les tableaux se font plus nuageux, atmosphériques, à partir de 1976. La palette utilisée passe en 1980 des tonalités bleu-vert à une dominante de jaune, quelques toiles rouge vif ponctuant régulièrement la production de l’artiste, tranchant avec les tons plus subtils habituellement utilisés pour recouvrir la toile.

Bucaille a toujours travaillé simultanément plusieurs techniques, en y associant des motifs différents. A partir de 1977 et pendant dix ans, ses oeuvres à l’encre et à l’aquarelle dévoilent un univers organique, filandreux, dans lesquelles apparaît en 1984 des réseaux centraux rectilignes noirs. Ses dernières aquarelles abstraites, datées de 1992, sont peintes avec des tonalités plus claires.