Après guerre : vers l’abstraction

Après-guerre, le cheminement artistique de Robert Bucaille va lentement évoluer vers l’abstraction. Il conserve néanmoins l’habitude de croquer au stylo bille sur un carnet à dessin les paysages péri-urbains de la région parienne. Une cinquantaine de villes de l’Oise sont ainsi représentées dans des compositions structurées le plus souvent autour d’une voie (fluviale, routière…) et rythmées par des structures métalliques (pilones, grues, poteaux et fils électriques) qui s’inscrivent dans l’habitat et la végétation.

En peinture, un réseau de lignes noires, plus ou moins épaisses, investit les aquarelles encrées que Robert Bucaille peint dans les années 1948 à 1950. Ces tonalités sombres vont laisser place vers 1953 à des gouaches plus colorées.

Son art se construit seul, à l’écart du milieu artistique. L’artiste se cherche, diversifie les outils, techniques et motifs employés, jusqu’à trouver son écriture propre en combinant les formes qui lui viennent de l’aquarelle, et le motif trouvé par le dessin

Les aquarelles de 1965 font apparaître la volute, le vaporeux, le nuageux, tandis que peu après dans les dessins, le réseau se tructure en hachures, jusqu’à ce que les bâtonnets n’envahissent entièrement l’espace à partir de 1970.

Son sens du graphisme et du rythme engendre deux impressions antagonistes, avec un espace reposant (« ligne d’horizon », calme) ou au contraire mouvant (sensation accentuée de dynamisme)